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MUMIA : rassemblement le 8 décembre à Paris pour sa libération à l’occasion du 40ème anniversaire de son arrestation

Georges Floyd assassiné – Mumia Abu-Jamal toujours condamné à mourir en prison !

L’image de l’assassinat de l’afro-américain Georges Floyd en 2020 a fait le tour du monde. Le genou du policier blanc bloquant sa respiration et provoquant sa mort par étouffement a soulevé indignation et protestation sur l’ensemble du territoire des États-Unis et bien au-delà. Des centaines de milliers d’américains sont descendus dans les rues durant plusieurs mois pour dire non aux violences policières et au racisme institutionnel. Et pour une fois, la justice a reconnu l’entière responsabilité du policier meurtrier en le condamnant à 22 ans de prison. Ce n’est pas si courant pour le souligner tout en restant lucide et mobilisé car depuis ce drame insupportable d’autres Georges Floyd sont tombés sous le feu de la police sans que les institutions américaines, judiciaires et politiques, en tirent toutes les conséquences.

S’agissant de Mumia, après lui avoir accordé un droit d’appel en 2018 pouvant ouvrir la voie à la révision de sa condamnation, la Cour supérieure de Pennsylvanie vient de rejeter ce recours, l’objectif de cette dernière étant de tenter de barrer définitivement la route à la manifestation de la vérité et à la reconnaissance de son innocence. Depuis 40 ans, tous ses recours judiciaires ont en effet abouti à une fin de non-recevoir, et ce malgré l’inconstitutionnalité des conditions mêmes des procédures comme l’a reconnue la Cour suprême des États-Unis en 2011 en commuant sa condamnation à mort en peine à perpétuité sans toutefois faire droit à la révision de son procès. Faut-il rappeler encore que tous les observateurs éclairés sur cette affaire – tels la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, le Parlement européen et Amnesty USA – se sont prononcés sans réserve pour la tenue d’un nouveau procès. Rien ne justifie cet acharnement sans fin contre cet homme qui ne demande rien d’autre que la justice de son pays reconnaisse ses erreurs et lui permette de rejoindre sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Le temps est en effet désormais compté car les maladies ces dernières années l’ont gravement affaibli (hépatite C, cirrhose du foie, puis covid et opération cardiaque plus récemment). Dans ce contexte, les dernières manœuvres judiciaires – à l’appui d’une campagne toujours aussi violente du syndicat de la police de Philadelphie – s’apparentent à une nouvelle mise à mort.

Mumia et ses avocats, ne renoncent toutefois pas à faire reconnaître que les preuves matérielles découvertes ces dernières années quant à l’implication des magistrats qui ont eu la responsabilité de gérer le dossier d’accusation ont agi en toute illégalité. C’est ce qu’ils défendront devant la Cour de « Common Pleas » de Pennsylvanie pour demander sa libération sans condition.

Rassemblement à Paris le mercredi 8 décembre à 18 heures place de la Concorde

La mobilisation des soutiens à Mumia dans le monde entier reste évidemment nécessaire pour exiger sa libération, et ce notamment à l’occasion du 40ème anniversaire de son arrestation (décembre 1981 – décembre 2021).

Le Collectif français Libérons Mumia organisera un rassemblement place de la Concorde à Paris (à proximité de l’ambassade des États-Unis) le mercredi 8 décembre à 18 heures. Le même jour, si l’administration pénitentiaire ne s’y oppose pas, une délégation française devrait rendre visite à Mumia à la prison de Frackville (Pennsylvanie).

Nous appelons également tous ses soutiens :

  • À faire parvenir un message au gouverneur de Pennsylvanie et à l’ambassade des États-Unis à Paris pour exiger sa libération (voir les modalités en cliquant ici)
  • À faire un don pour sa défense judiciaire (bon de souscription en cliquant ici)
Le Philadelphia Inquirer (*) vient de publier une série darticles sur les erreurs judiciaires à Philadelphie

Le plus récent concerne le procureur Roger King, si fier d’avoir prononcé 40 condamnations à mort. Il affichait les photos des condamnés dans son bureau avec la mention « Mort », rajoutée à la main.

Décédé en 2016, King avait la réputation d’être un excellent avocat, passionné par les meurtres très médiatisés.

Déjà 7 de ses condamnations à mort ont été annulées suite à des preuves à décharge dissimulées, des intimidations et des menaces proférées à l’encontre des témoins… Et de nombreuses autres affaires traitées par le procureur King sont encore en cours de réexamen.

Selon R. Dunham, directeur du Centre d’Information sur la peine de mort, « pour King, un procès était un jeu qu’on se doit de gagner… sans rapport avec la recherche de la vérité… King excellait à manipuler les jurés et à enfreindre les règles ». C’est en qualité d’avocat fédéral que Dunham a compris que dans les affaires traitées par King il fallait rechercher les erreurs de procédure commises par le procureur.
Depuis 2018, dans 20 des 21 exonérations prononcées à Philadelphie les preuves d’innocence de l’accusé n’ont pas été communiquées à la défense, en violation de leurs droits constitutionnels. Dans 4 autres cas les procureurs ont délibérément menti au tribunal.

Ainsi, en 2019, Chester Hollman III a été innocenté après avoir été condamné pour la fusillade de Tae Jun HO en 1991. Dans cette affaire, King avait dissimulé des preuves et menacé un témoin d’une peine de prison pour cambriolage s’il refusait de coopérer tout en cachant aux jurés que ce dernier avait un casier judiciaire bien rempli.

Autre victime de King : Orlando Maisonet vient d’être acquitté en considération de sa condamnation injustifiée après 28 ans de couloir de la mort pour le meurtre de Jorge Figueroa en 1982.

(*) Le  » Philadelphia Inquirer « est l’un des plus importants quotidiens de Philadelphie qui n’a pas souvent exprimé de critique à l’égard des décisions de justice, notamment lors des condamnations à mort à l’exemple de l’affaire Mumia … et bien d’autres. Ses enquêtes d’aujourd’hui doivent être d’autant plus appréciées qu’elles tranchent avec sa ligne éditoriale d’hier qui donnait plus la parole à la police qu’aux défenseurs des accusés et des condamnés.

Léonard Peltier doit être libéré !

Telle est la demande adressée au Président Joe BIDEN par 11 membres du Congrès des États-Unis et les chefs de Tribus et de Nations indiennes reconnues par le gouvernement fédéral.

Pour mémoire, ce militant activiste amérindien a été condamné en 1977 à deux peines d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de deux agents du FBI lors d’une confrontation en 1975 dans la réserve indienne de Pine Ridge. Ce prisonnier politique a toujours contesté sa culpabilité mais n’a jamais obtenu – tout comme son ami Mumia Abu-Jamal – la révision de son procès. Pas plus que la clémence du Président Bill Clinton qui avait pourtant promis de le libérer au terme de son mandat présidentiel.

Aujourd’hui, âgé de 77 ans et après 46 ans d’incarcération durant lesquelles il a connu la maltraitance et la torture, son état de santé est très dégradé. Il est diabétique et souffre d’anévrisme de l’aorte abdominale.

Pour en savoir plus, consultez l’article de nos amis de Prison Radio, le média américain qui donne la parole aux détenus et à leurs familles.

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